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Discrimination systémique des communautés LGBTQ+ du Nouveau-Brunswick (12me année)



Avez-vous entendu parler des thérapies de conversion? Avez-vous entendu parler de l’exclusion des donneurs de sang? Pourquoi de nombreuses personnes 2LGBTQ+ au Nouveau-Brunswick veulent-elles sauver la Clinique 554?


Il ne faut pas oublier qu’il y a depuis toujours des personnes bispirituelles sur l’Île de la Tortue (c’est-à-dire l’Amérique du Nord) et que les personnes 2LGBTQ+ existent depuis toujours dans le territoire que nous appelons maintenant le Canada. Le Canada a cependant longtemps opprimé les personnes 2LGBTQ+. Par exemple, la Loi canadienne sur les droits de la personne n’a été modifiée qu’en 1996 pour interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Le mariage entre personnes de même sexe n’a été légalisé qu’en 2005. Bien qu’au Canada les personnes LGBTQ+ soient libres, aient le droit de s’exprimer, de se déplacer ainsi que d’avoir un emploi et un logement, beaucoup de personnes et de communautés LGBTQ+ continuent de faire l’objet de discriminations systémiques.


Avez-vous déjà entendu parler de l’exclusion des donneurs de sang? Si vous êtes un homme et que vous avez des relations sexuelles avec d’autres hommes, il vous est interdit de donner du sang. En juin 2019, pour répondre aux critiques concernant l’interdiction de donner du sang, le gouvernement a décidé que les hommes homosexuels pourront seulement désormais donner du sang après avoir passé trois mois sans aucune relation sexuelle. L’interdiction de donner du sang est un exemple de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle des personnes qui se poursuit.


Avez-vous entendu parler des thérapies de conversion? La thérapie de conversion consiste à forcer une personne 2LGBTQ+ à suivre un traitement pour nier son identité de genre ou sa sexualité. Les thérapies de conversion peuvent inclure un certain nombre d’interventions coercitives visant à forcer une personne à adhérer aux normes hétérosexuelles; il peut s’agir de médicaments, de la prière ainsi que de thérapies et conseils comportementaux. Cette pratique vise à nier l’identité des personnes 2LGBTQ + et a des conséquences considérables pour la santé et la psychologie des personnes.


Au Nouveau-Brunswick, des survivants de la thérapie de conversion, comme Victor Szymanski et Mitchell Goodine, prônent l’adoption de lois criminalisant les thérapies de conversion. En décembre 2019, le premier ministre, Justin Trudeau, a déclaré vouloir « travailler avec la ministre de la Diversité, de l’Inclusion et de la Jeunesse pour modifier le Code criminel afin d’interdire les thérapies de conversion et prendre d’autres mesures avec les provinces et les territoires pour mettre fin à ces thérapies au Canada. » Les thérapies de conversion sont déjà interdites dans de nombreux États américains; cependant, en août 2020, ces thérapies étaient toujours légales au Nouveau-Brunswick.


Les membres de la communauté LGBTQ+ ne bénéficient pas non plus d’un accès universel aux soins et aux services de santé axés sur l’affirmation du genre. La Clinique 554, qui est l’une des rares à offrir des services de santé sexuelle et reproductive sans stigmatisation et sans obstacle au Nouveau-Brunswick, est contrainte de fermer ses portes en raison d’une réduction des fonds que lui accorde la Province. La fermeture imminente de la clinique a des conséquences sur des personnes des quatre coins de la province, car elle offre des soins axés sur l’affirmation du genre aux personnes LGBTQ+ de toute la région. Beaucoup de choses doivent donc évoluer pour que les personnes 2LGBTQ+ puissent obtenir des soins de santé axés sur l’affirmation sans qu'elles soient confrontées à des obstacles et sans faire l’objet de discriminations.


Que pouvons-nous faire, en tant qu’élèves et que citoyens, pour lutter contre la discrimination systémique imposée aux personnes 2LGBTQ+ au Nouveau-Brunswick? De quels autres types de discrimination systémique avez-vous entendu parler? Que pouvons-nous faire pour lutter contre la violence et la discrimination dans la santé, l’éducation et la justice?